Mardi 28 octobre 2008
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Cette image réalisée par Envisat montre le confluent des deux plus grands cours d’eaux
« noires » et
« blanches » du bassin de l’Amazone – respectivement le Rio Negro
et le Solimões – qui se mêlent pour former le fleuve Amazone juste en aval de Manaus, au Brésil.
Le Rio Negro (qui s’écoule ici vers l’est-sud-est) est le principal affluent de l’Amazone et la plus grande rivière aux eaux « noires » au monde. Ce terme – peu usité en français mais courant en
espagnol et en portugais (« Rio Negro ») comme en anglais (« Black
River ») – décrit un cours d’eau qui doit sa couleur de café à la dissolution des matériaux végétaux
décomposés charriés par le courant
Ces « rivières noires » prennent généralement leur source dans des sous-sols rocheux où il y a peu, voire pas de sédiments qu’elles puissent emporter. Leurs eaux sont donc très limpides
avec une visibilité qui peut parfois excéder 9 m. Elles sont considérées comme les eaux naturelles les plus propres au monde.
Les « rivières blanches » (leur vraie couleur est plutôt jaunâtre) proviennent plus généralement des Andes, où les sources érodent la roche exposée. Le sable, la boue et le limon charriés
par ces rivières teinte leurs eaux d’une couleur claire. Le Rio Solimões (visible ici le long du bas de l’image) s’écoule sur quelque
1 600 km.
Le confluent où se rencontre les eaux sombres du Rio Negro et les eaux laiteuses chargées de sédiments du Solimões pour former le fleuve Amazone est connu sous le nom de « rencontre des
eaux ».
Manaus (qui apparaît comme une tache claire au nord du confluent) est la plus grande ville du bassin de l’Amazone.
Cette image met également en évidence la grande différence entre la forêt vierge (en vert sombre) et les zones cultivées (les motifs en forme d’arêtes de poisson en haut de l’image). Les forêts
vierges sont détruites dans le monde entier à un rythme alarmant. Cette destruction est une préoccupation majeure en raison du rôle joué par ces forêts dans le climat global et aussi parce qu’elles
abritent près de la moitié des espèces de plantes, d’animaux et d’insectes de la planète.
Grâce à leur point de vue irremplaçable depuis l’orbite, les satellites d’observation de la Terre ont joué un rôle clé dans la mise en évidence de la fragilité des forêts vierges en apportant la
preuve documentée de la déforestation à grande échelle, en particulier dans les zones reculées.
Cette image a été acquise par la caméra MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) d’Envisat le 28 septembre 2008, en mode « pleine résolution », qui permet de distinguer des
détails de 300 m au sol.
Source:
Site de l'ESA